Des au revoir à Joensuu :
Si un départ marque la fin d’une aventure, il ouvre également la voie des possibilités nouvelles.
Parmi les possibilités de retour en France, certains stagiaires choisissent le classique passage par Helsinki. Cette escale passagère peut alors laisser un peu de temps pour savourer la culture, les activités, l’architecture, et autres facettes qui font le dynamisme de la capitale finlandaise, avant de retourner sous les cieux tricolores.
D’autres en revanche, par souci de temps ou des raisons également valables, s’en remettent à la capitale non pas de la Finlande, mais de notre région : Joensuu, chef-lieu de la Carélie du Nord. Sans l’extravagance d’un séjour touristique, c’est alors comme un envol du nid, celui qui nous a accueilli et bercé tout ce temps, au plus proche de la mystérieuse et envoûtante taïga.
Une stagiaire de longue date a fait ce deuxième choix. Ce fut alors l’occasion pour quelques volontaires de l’accompagner à l’aéroport de Joensuu. Celui-ci a beau être modeste, il reste un aéroport et s’applique à cette règle: un aéroport, aussi petit soit-il, peut contenir une grande quantité d’émotions. Un au revoir de plus.
Le hasard ou bien la providence, qui sait comment la suite a été prévue ; les bonjours ont très vite succédé aux au-revoir. Effectivement, un groupe de futurs stagiaires a atterri dans ce même avion, ce qui a été l’occasion de les accueillir avant même d’être à Lieksa. Comme dit plus tôt, si un départ marque la fin d’une aventure, il ouvre également la voie des possibilités nouvelles.
Pour en reconfirmer le message, ce passage à Joensuu a été l’occasion pour les stagiaires venus d’organiser une virée dans la ville. Au programme, une visite du musée de la Carélie : son histoire, l’environnement dans lequel les stagiaires évoluent, et l’histoire partagée et conflictuelle avec la Russie frontalière. Certains ont préféré une sortie sportive, en se rendant à la salle d’escalade locale. Après s’être bien dépensés, une partie du groupe a décidé de profiter encore quelques instants des activités locales en s’adonnant à une partie de bowling au club local ; de quoi combler le petit mais non-moins substantiel vide laissé par le départ de la journée.
Rencontres fortuites avec la faune :
« Se tenir à l’affût, c’est accepter qu’il ne se passe rien ». Ces mots de Vincent Munier résonnent dans l’esprit de certains photographes animaliers soucieux de n’être que les témoins d’une nature parfois capricieuse et discrète. C’est avec ce mantra qu’un stagiaire est parti au bord de la rivière Lieksanjoki, acceptant la possibilité de ne rencontrer aucun habitant du sauvage.
Hugo, en Carélie pour six mois, profita ainsi d’un jour de congé, appareil photographique en main et paire de jumelles autour du cou, loin de se douter de la succession d’animaux se présentant à lui en ce matin ensoleillé du dix octobre.
Après avoir arpenté quelques chemins de traverse, Hugo vit d’abord des harles qu’il observa quelques temps. Mais des visons ont joué les invités surprises. L’idée d’un affût pour mieux les observer s’est donc imposée, et encore d’autres créatures se sont révélées à lui.
En effet, durant cet affût, des garrots sont apparus dans l’objectif photographique en lieu et place des visons pourtant attendus. Cependant, une rencontre peut en cacher une autre… Car des renards ont décidé, durant plusieurs minutes, de se livrer à des scènes de vie animalière devant les yeux attentifs et satisfaits du jeune naturaliste.
La nature étant généreuse avec ceux qui savent la regarder, un troisième et dernier renard se montra plus loin, sur le chemin du retour, comme pour clore de la meilleure des manières cette matinée riche de rencontres et d’émotions.






Retour du recensement des castors :
Cet automne, comme chaque année depuis 2017, certains stagiaires sont chargés de recenser la population de castors en Carélie du Nord. Le but est d’avoir une idée plus précise de leur localisation et de pouvoir estimer l’évolution de leur effectif. Plus tard, le régime alimentaire sera également étudié. Ce sujet de recherche puise son origine dans la volonté d’évaluer l’impact de l’introduction dans les années 1930 du castor d’Amérique (Castor canadensis), espèce envahissante, sur le castor européen (Castor fiber), espèce autochtone.
Pour arriver à leur fin, les stagiaires suivront un protocole précis, leur indiquant les bonnes méthodes à utiliser à la fois sur le terrain, mais aussi pour établir les bases de données. Dans l’objectif de trouver des indices de présence, comme des troncs rongés, des barrages, ou même des huttes, anciens ou récents, il faudra longer les cours d’eau et regarder attentivement dans un rayon de dix mètres pour repérer la moindre « trace » laissée par les castors.
Lorsqu’une hutte dite « active » est trouvée, un piège photographique sera posé à proximité avec l’espoir de capturer quelques images des rongeurs, pouvant ainsi confirmer leur présence. Aussi, les données récoltées seront par la suite cartographiées sur des logiciels professionnels comme QGIS, et analysées puis synthétisées dans des rapports scientifiques.


