Aller au contenu

Récapitulatif semaine 40 : migration de jaseurs, une fleur nommée « imikkä », et des arbres légendaires.

La migration des jaseurs :

Le Jaseur Boréal, ou de son nom latin Bombycilla garrulus, est un oiseau facilement reconnaissable grâce à son aspect trapu, sa crête, et la couleur noire de son masque, de son bec, et de ses pattes. Son plumage est de couleur marron-rosâtre. On peut aussi identifier les jaseurs adultes par le jaune vif ou les bandes blanches du bord et de l’extrémité de leurs rémiges primaires (grandes plumes du bout des ailes le long des os de la main qui permettent la propulsion).

  Il se reproduit principalement dans les forêts de conifères du nord de la Finlande, avec 4 à 6 œufs pondus de mai à juin. Il se nourrit essentiellement de baies, comme celles du sorbier, et de graines ainsi que d’invertébrés.

  Même en ville, et à travers les fenêtres des chambres des stagiaires, l’on peut observer cet oiseau présent fin septembre et début octobre dans le sud de la Finlande, pour migrer ensuite vers la Méditerranée et le Caucase.

Vous avez dit « Imikkä » ? :

  Imikkä en finnois, Pulmonaire à fleurs sombres en français, et enfin Pulmonaria  Obscura de son nom latin, cette fleur d’Eurasie se laisse observer de mai à juin. On la retrouve dans la partie méridionale de la Finlande, avec une limite de répartition très nette.

  D’une hauteur comprise entre 15 et 30 centimètres, elle aime particulièrement les riches forêts mixtes et de feuillus. Son fruit est un schizocarpe brun-rouge. Mais qu’est-ce qu’un « schizocarpe » ? Il s’agit en fait d’un fruit sec ou peu charnu dérivé d’un pistil. La fleur mesure environ 15 millimètres de diamètre avec une corolle de cinq pétales dans un premier temps roses, puis ensuite violets à bleus. 
  Aussi appelée herbe aux poumons, elle est comestible et constitue des remèdes traditionnels pour les troubles respiratoires (Source : « Bibliothèque Nationale de médecine, Centre National d’informations sur la biotechnologie, États-Unis »).

Des arbres légendaires :

  À travers les prospections et autres explorations, la forêt et ses merveilles se révèlent aux stagiaires, sensibles à la beauté sauvage et préservée d’une nature finlandaise dont certains vestiges nourrissent l’imagination depuis la nuit des temps.

  Parmi la vivacité d’un écosystème capable de résister à la morsure de l’hiver boréal, se cachent des arbres dont la mort donne naissance à un phénomène à la fois mystique et essentiel pour la faune…

  En effet, les Kelo, aussi appelés « bobines », sont des arbres restés debout malgré leur sénescence. Dépourvus de leur écorce, ces monuments végétaux âgés d’environ 250 ans dans le sud de la Finlande, et de plus de 600 ans en Laponie, doivent leur majestuosité tant à leur taille qu’à leur apparence. Une spirale semble se dessiner tout autour du tronc, donnant lieu à certaines croyances et légendes, aujourd’hui démenties par la science.

 L’hélicité marquant ces pins, épicéas ainsi que ces mélèzes transformés en silhouette squelettique, n’est effectivement pas provoquée par la rotation de la Terre, comme ce fut affirmé durant des siècles. En l’absence d’une contre-théorie, on supposait que la force de Coriolis était à l’origine, selon l’hémisphère dans lequel on se situe, du sens que prend le motif hélicoïdal.

  En réalité, la formation de ces « bobines » est tout autre. Avant de mourir, ces arbres sécrètent une quantité importante de résine, et celle-ci possède des qualités antibiotiques qui combattent l’activité des champignons de décomposition. Le bois au cœur du kelo est donc très résistant à la pourriture. Quant à la spiral, elle est créée par la division des cellules du bois. Ces cellules, dans la couche de sève chez un arbre juvénile, ont une forme de trapèze étiré. Lorsqu’elles se divisent, elles se tournent légèrement, de manière oblique. Dans la nouvelle couche, les cellules seront donc dans une position différente des précédentes. La superposition de ces différences crée peu à peu cet effet bénéfique, puisqu’il améliore la résistance à la traction et à la flexion du bois.

  Encore debout, les kelo abritent de nombreuses espèces d’oiseaux qui y construisent leur loge, ou, à l’instar de la chouette, qui profite directement de ces trous creusés par les pics. Tombés au sol, ils offrent un habitat à une grande communauté de micro-organismes.

  Aujourd’hui, en dépit de leur caractère culturel et écologique, les kelo sont toujours abattus dans les zones non protégées pour servir de matériau de construction, et même dans les réserves, où certains randonneurs les coupent pour faire du bois de chauffage.