Présentation du sujet Ours :
Après vous avoir présenté le sujet d’études Biodiversité la semaine dernière, nous vous présentons cette semaine le sujet d’études sur l’activité des ours aux points de nourrissage. En effet, en Finlande, de nombreux sites proposent d’observer les ours et d’autres grands prédateurs. Pour cela, ces structures mettent à disposition de la nourriture supplémentaire pour appâter la faune sauvage. Les effets de ce nourrissage sur le régime alimentaire des ours et leur activité aux points de nourrissage restent méconnus. Juliette, notre chargée d’études, et Clémence, en stage sur le sujet Ours, vous présentent ces problématiques en vidéo :
Rencontre avec le roi de la forêt :
Parmi les animaux de la forêt boréale, il en est un que nous avons peu évoqué sur ce blog : l’élan (Alces alces). Bien que l’on rencontre souvent ses traces, il est difficile de l’observer. En effet, l’élan est chassé en Finlande, et les individus se font discrets. Lorsque nous parvenons à observer le plus grand des cervidés, c’est souvent sur le bord des routes, depuis une voiture, alors que l’élan s’enfuit. Il est bien rare de le surprendre à pieds. C’est pourtant ce qui est arrivé cette semaine à Tom, qui effectuait une prospection à la recherche de tétraoninés, dans le cadre de son stage. Voici son récit :
« Le début de journée n’avait pas très bien commencé, en partant à 9h nous savions que la pluie nous menaçait. Sur la route pour nous rendre sur le terrain, il commençait à pleuviner. On priait pour que le temps n’évolue pas trop. Le début de mon terrain ne se passa pas trop mal mais je fus rapidement mouillé par la végétation encore humide de la veille. La pluie s’intensifia et je savais que je devais encore traverser deux grandes tourbières. J’avais mon meilleur k-way Quechua mais ça n’a pas suffi pour me garder un minimum au sec. D’ailleurs mon téléphone a dû passer la nuit suivante dans un bol de riz ! Difficile alors de se motiver à avancer dans ces conditions, d’autant qu’aucun tétraoniné ne voulut montrer le bout de son bec.
J’arrivais dans la première tourbière, les chaussures pleines d’eau. Je longeais une forêt de conifères peu dense quand soudain j’aperçus une grosse masse qui se mit à bouger. J’eus une petite montée d’adrénaline. Ma première pensée a été de me dire : « Tiens, comment ça se fait qu’il y a un cheval ici ? ». J’ai ensuite rapidement compris qu’il s’agissait d’un magnifique élan mâle. Il était au début à une trentaine de mètre mais s’est rapidement enfui. J’ai tout de même pu l’admirer pendant quelques secondes, lui et ses grands bois qui lui donnent une allure encore plus imposante.
Je n’ai peut-être pas vu de tétras ce jour-là mais je me rappellerai longtemps de cette rencontre ! »
Demoiselles d’été :
Cette semaine, nous avons pu observer de beaux rassemblements de grues cendrées (Grus grus) dans les zones agricoles autour de Lieksa. Parmi les premiers oiseaux migrateurs à arriver en Carélie, les grues cendrées ont débarqué dans le courant du mois d’avril, alors que la neige recouvrait encore le paysage. Puis, des couples de grues se sont installés dans les tourbières ou les forêts marécageuses avoisinantes, afin de donner naissance à un ou deux petits. Durant cette période, les grues sont très difficiles à observer, cachées dans la végétation. Aujourd’hui, les petits ont bien grandi, et les grues cendrées sont bien plus facilement observables. Elles se nourrissent dans les parcelles agricoles, afin de prendre des forces pour le long voyage qui les attend. Elles parcourront plusieurs milliers de kilomètres, pour arriver en France, en Espagne ou en Afrique du Nord, où elles hiverneront.
Il flotte une ambiance de fin d’été en Carélie. Comme les grues cendrées, bien que la belle saison ne soit pas tout à fait terminée, certains oiseaux décident de quitter la Finlande pour d’autres contrées.

